Junkster Magazine

Culture - 12 décembre 2017

Un vernissage dans un night shop, quoi de plus banal ?

Des trashers Flamands qui lancent un magazine auto-produit en anglais dans un magasin Pakistanais éclairé aux néons, tout ça dans un quartier plutôt francophone (Dansaert) : quelle meilleure définition de la vie culturelle Bruxelloise ?
Tout ici est une histoire de contraste ; le ciel gris sur les pavés noirs, le ciel noir sur les pavés gris.
Interview brute de Kashmiri Butt, propriétaire du « Butt shop » « Chez Madeleine », place du Jardin aux fleurs (en face de Kring Café Vélo), suivie d’une présentation succincte du magazine « Junkster » par ses deux créateurs, Melvin Podolski & Pim Notebaert.
Encore et toujours, une histoire de contraste.


Kashmiri propriétaire de « Chez Madeleine »

Bonjour Kashmiri, vous êtes le propriétaire de la boutique depuis combien de temps ?

Moi je suis là depuis presque cinq ans.

Pourquoi ce nom Madeleine ?

Ça s‘est toujours appelé comme ça, c’est joli.

Et comment ça se passe en règle générale ?

Ça se passe très bien, très bon quartier, calme, c’est bien. Jamais de problème, jamais.

Qu’est-ce que vous vendez le plus ici ?

Première chose cigarettes, après boissons, chocolat… dépannage. Surtout cigarettes et boissons.

Comment vous est venue l’idée d’organiser une exposition ici dans votre boutique ?

Parce qu’un monsieur, un client, qui vient souvent dans le magasin, m’a demandé si il pouvait faire une exposition de photos d’artistes, pour des étudiants, parce qu’ils ne peuvent pas louer une galerie, ça coûte trop cher. Alors il m’a dit en même temps vous servez vos clients et on va montrer les photos dans le magasin. Tous les artistes et les étudiants n’ont pas beaucoup d’argent pour organiser des événements…

Qu’est-ce que vous pensez, personnellement, des images qui sont exposées ici ?

Non, il y a des belles photos, cette photo par exemple (un grand format noir et blanc pendu au milieu de l’espace), est très belle : il a bien fait l’impression tu vois, l’autre aussi (grand portrait sur la vitrine) : ce sont vraiment des belles images.

Et quels sont les retours de vos clients par rapport à ces images ?

Ils étaient contents, ils sont venus voir, discuter, voilà, ils étaient content quoi !

Donc ça attire des gens ?

Oui ça attire des gens, et on l’a également montré à la communauté.

Et donc au vernissage vous avez offert à boire et à manger ?

Oui oui, à boire, on a ouvert une petite bouteille de champagne, biscuits, petits gâteaux.

Vous avez passé une bonne soirée ?

Oui très bonne, on a bien travaillé aussi et les gens sont contents, ils étaient même très contents. Ils ont eu une petite fête, une réunion ensemble. Ça a commencé à huit heures jusqu’à minuit.

Vous pensez que vous re-ferez un événement comme celui-là ?

Oui, si quelque chose de bien arrive, quelque chose de calme, sans trop de bruit, pas de dérangement et voilà. Pas un concert.

Qu’est-ce que l’art pour vous ?

C’est une chouette nouvelle chose qu’on a fait dans le magasin.

Est-ce que vous avez un artiste préféré ?

Moi je connais pas beaucoup, pas beaucoup, j’ai aimé les photos qu’ils ont fait, vous voyez ces photos, ce sont des belles photos.

Ça vous donne envie de découvrir plus d’artistes ?

Oui oui, ça me donne envie de savoir qui a fait la photo, parce qu’ils ne les ont pas faites à la main, mais avec l’imprimante je crois, mais c’est bien fait quand même, comme si ils les avaient faites avec la main, ils ont bien travaillé, c’est pas facile.

Melvin Podolski & Pim Noteert nous présentent « Junkster Magazine »

Nous sommes deux photographes, vivant et travaillant à Bxl.

Junkster est né lorsque nous avons décidé de créer un magazine imprimé sur notre amour du skateboard, de l’art contemporain et la musique « heavy », nous voulions que cela représente Bruxelles, que cela traite de notre propre scène afin que les gens puissent se rendre compte que cet underground est florissant. À cause de sa petite taille, tous ces gens sont liés d’une certaine manière et nous voulions montrer cette intrication dans un objet imprimé.
Les artistes underground et les étudiants en art qui font la fête et qui remplissent leurs journées brumeuses en créant quelque chose à partir de rien.
La scène artistique underground brute y est présentée de façon à ce que personne ne soit jugé.
Pour cela, nous avons choisi de distribuer un certain nombre de pages à différents artistes autour de nous et de leur laisser le contrôle total sur le contenu.
Nous ne savions pas ce que nous allions obtenir à la fin et le magazine entier a grandi organiquement en rencontrant de nouveaux artistes qui étaient prêts à faire quelque chose.
Nous avons contacté des personnes qui correspondaient à notre vision d’une ville où les exclus dominent les rues. Nous voulions faire quelque chose « pour et par » la scène et non pas pour des gens qui s’approprient votre travail pour le modifier ou en donner une nouvelle explication. L’œuvre parle d’elle-même.
Ensuite, pour la partie skateboard, nous avons participé à la construction du bowl MASHERS, allee du Kaai, à Bruxelles. Nous sommes aussi allés à la fête annuelle du DIY (« fais-le toi-même » ndlr) du skatepark de Hanovre: « 2er on fire » pour construire une grande pièce belge dans leur  parc.
Le contenu de « Junkster » est venu naturellement ; Nous aimons construire des choses et les prendre en photo.

instagram.com/junkstermag
Commissaire de l’exposition : Eric Vanuytven

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Thibault Fournal
Photos ©Thibault Fournal

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