AP Collection

Design - 17 décembre 2015

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

AP Collection est née d’une histoire d’amour. Une histoire à distance où la peluche vient remplir le vide de l’autre. Fauteuil doudou beau et confortable, il peut tout aussi, par sa douceur et ses couleurs, devenir un objet transitionnel pour adultes à l’innocence assumée. Pièce fortes, uniques tout autant que délicates ils apportent une énergie joyeuse, rayonnante et tellement familière au quotidien.

Ces créations, luxeuses par essence dans leur conception et leur unicité, se distinguent surtout par cette régression magique capable de ranimer les précieux et fragiles souvenirs de l’enfance.
Interview avec Alexis Verstraeten et Pauline Montironi, fondateurs.

Pourriez-vous nous parler de vous, de votre parcours ?

Alexis Verstraeten a vécu de nombreuses années à l’étranger (Londres, Belgique et Singapour). Il a 26 ans possède un master en marketing et management.
Pauline Montironi, 24 ans, fraîchement diplômée en ingénieur de gestion.
Tous 2 sont créatifs et ont toujours aimé l’art, la mode, le design.
Ils se sont rencontrés il y a 2 ans, alors qu’Alexis terminait son master à Londres. Suite à cela, Alexis avait la possibilité de partir travailler en Asie mais a décidé de rester en Belgique pour commencer une belle aventure avec Pauline. C’est là qu’ils ouvrirent leur boite AP collection.

Comment est née la marque AP Collection ?

C’est une histoire d’amour. Tout a commencé durant leur relation à distance. Au début, ils ne se voyaient pas souvent étant donné qu’ils étaient aux études, l’un en Belgique l’autre à Londres. Durant cette période, ils ont commencé à s’offrir des ours en peluche pour remplacer le manque d’affection qu’ils ressentaient durant leurs moments de solitude. Ils s’envoyaient par la poste des peluches de tous genres. Celles-ci leur permettaient d’avoir le sourire dès qu’ils les regardaient, de se sentir aimés et moins seuls. Ils trouvaient ces nounours tellement réconfortants mais commençaient à ne plus savoir qu’en faire. C’est alors qu’ ils ont pensé au fait de pouvoir s’asseoir, dormir, lire, regarder la télé, boire le thé… dans un siège entièrement rempli de peluches toutes douces et confortables. L’idée était de créer un cocon de bonheur loin du stress de la vie active. Ils ont  donc décidé de créer leur premier fauteuil. Par la suite, leur entourage était tellement enthousiaste à la vue de leurs créations, qu’ils ont commencé à en créer d’autres. Il était important pour eux que chaque pièce ait son histoire, son identité, son caractère, bref, que chaque pièce soit unique. Lorsqu’une personne achète l’une de nos créations, nous refusons le fait que celle-ci soit un numéro. Nous ne voulons pas faire de la production de masse mais plutôt revenir à l’artisanat, au souci du détail. C’est pourquoi chaque fauteuil a son propre nom et son certificat d’authenticité. Ils sont tous cousus main avec comme base, des fauteuils vintage authentiques. Chaque personne est unique et peut refléter sa personnalité à travers son fauteuil AP.

Que représentent les peluches pour vous ?

Les peluches représentent certes l’enfance et nous rappellent de merveilleux souvenirs mais représentent aussi surtout l’amour, la chaleur, le bien-être, la douceur, le bonheur et cela, quelque soit l’âge de la personne. Ce sont des objets qui restent présents dans une maison de génération en génération.

Pourriez-vous nous décrire votre première peluche ?

Pauline: Mon premier nounours s’appelle cracra (mimi cracra) c’est un popples. Il m’accompagnait partout quand j’étais plus jeune. Il n’a d’ailleurs toujours pas quitté mon lit.

Alexis: Mon premier nounours était brun et grand, toujours au pied de mon lit et s’appelait Mister Bee.

Jean-Charles de Castelbajac, avec son manteau Teddy Bear fait-il partie de vos références ?

Nous admirons tous les créateurs qui ont osé se lancer et qui croient en leurs idées aussi folles qu’elles soient. Nous avons appris, il y a peu, l’existence des créations de Monsieur Castelbajac, on les trouve GENIALES!! Surtout le manteau avec Kermit. Nous aimons ses créations évidemment étant donné que c’est dans le même esprit. Il y a aussi les frères Campana qui ont travaillé avec des peluches et que nous ne connaissions pas avant de lancer notre collection. Nous adorons leur travail, ils sont tellement créatifs et sans limites. Ils sont nos designers préférés. On retrouve beaucoup de similitudes entre nos idées et nos vécus d’ailleurs. Ils n’avaient pas non plus fait d’études d’art ou de design, ils se sont lancés comme nous dans un milieu qui n’était pas le leur, et pourtant ça ne les a pas empechés de faire des choses incroyables. Nous sommes fortement touchés lorsqu’on nous compare aux frères Campana malgrè le fait que nous ayons un message et un produit qui se différencie du leur.

Peut-on y voir également une critique du commerce de la fourrure ? Êtes-vous investis dans la cause animale ?

Nous adorons tous les deux les animaux mais nos créations ne sont pas une critique envers le commerce de la fourrure mais plutôt envers la production de masse. Nous utilisons nous même de la fourrure pour nos créations. Attention, il est important de préciser que nous faisons quand même attention à la provenance de nos fourrures. En effet, nous n’utilisons QUE de la fourrure d’animal fermier qui n’est pas élevé essentiellement pour sa peau mais bien pour être consommé par l’homme. Nous utilisons des fourrures telles que de la fourrure de vache, chèvre, mouton, sanglier, lapin par exemple.

Cependant, Pairi Daiza, le parc animalier vient d’ouvrir une fondation dans le but de défendre les animaux en voie de disparition et nous avons convenu, avec eux, une redistribution d’un pourcentage à la vente de certains fauteuils comme celui avec les lémuriens par exemple.
D’autant plus nous avons déjà participé à des œuvres de charité telle que la fondation « Little dreams » de Phil Collins mais qui dans ce cas-ci aide les enfants.
Il est important pour nous d’aider des fondations qui protègent les animaux ou les enfants car pour nous, ils représentent l’innocence et la sagesse et il est de notre devoir de les protéger.

Comment sont fabriqués les chaises et les fauteuils ? Qu’est-ce qui se cache sous les peluches ?

La base, les fauteuils, sont des pièces authentiques des années 60,70 qui ont été dessinées par de grands designers de l’époque. Prenons par exemple la « Candy chair », la chaise de base est une « Rodica » qui a été dessinée par Mario Bruni en 1968. Cela prend du temps mais nous aimons partir à la recherche de perles rares et nous trouvons que cela donne beaucoup plus de cachet à nos créations.

Ensuite en fonction de la forme du fauteuil, de la couleur des pieds etc. On imagine la création finale. Nous choisissons des idées de peluches. Il est parfois très difficile lorsqu’une idée nous vient de trouver la peluche parfaite pour la réaliser. Nous voyageons à travers le monde pour dénicher les peluches de meilleures qualités. C’est la qualité qui prime, nous ne prenons aucun nounours bas de gamme.

Nous avions commencé nous même à coudre à la main. Nous venons d’engager une dame très gentille et talentueuse qui a une réelle passion pour la couture et qui a 35 ans d’expérience. Tout est cousu main,  pièce par pièce et en BELGIQUE.

Objets vintages, peluches souvenirs, ambiance cocooning : est-ce une façon d’égayer la nostalgie ?

C’est une façon de remettre au goût du jour ses souvenirs mais surtout d’égayer notre quotidien.

S’agit-il de pièce unique ?

Oui, chaque pièce a son certificat d’authenticité, est unique et numérotée.

Quelles sont les différentes étapes de la création d’une pièce ? La pièce de design chinée est-elle le point de départ ou s’agit-il plutôt du choix de la peluche ?

Les deux.

Pensez-vous que l’univers enfantin soit en carence dans le monde du design parfois (trop?) froid ?

Le monde a besoin de réconfort, « a glimpse of smile », je pense que nous ne sommes pas les seuls à nous en rendre compte. Nous voyons de plus en plus d’objets délirants comme par exemple les fameux personnages des Haas Brothers.

Actuellement, où peut-on trouver vos produits ? Comment sont-ils distribués ?

Principalement en Belgique chez Instore (bruxelles), Marie-Claire (Knokke), Degand (Bruxelles), galerie Valérie Bach (Bruxelles)…
Mais nous sommes aussi à Courchevel et bientôt à Ibaza, Canada, Etat-unis, Angleterre, Luxembourg et Suisse.

Quels sont vos projets ? Comment envisagez-vous l’avenir de la marque ?

Encore plus fous et remplis d’émotion.

apcollection.be


Propos recueillis par CocoVonGollum

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