collectif QUARTZ

Art - 22 novembre 2016

STANDAARD

Avec la fougue de la jeunesse, fraîchement diplômées, Charlotte GIGAN et Mahé RIPOLL du collectif QUARTZ donnent le meilleur pour faire de la discipline céramique, une pratique en osmose avec son temps. Entre survie et créativité, le partage et la collaboration sont de mise. L’événement qu’elles ont organisé ce dimanche 20 novembre de 11:00 à 19:00 à Lavallée, 39 rue Adolphe Lavallée, 1080 molenbeek : STANDAARD a donné l’occasion de découvrir, regarder et acheter de la céramique contemporaine ! Sculptures, vaisselle, bijoux, performances, installations et autres, guidant tout au long de la journée le chemin entre les différents stands sélectionnés avec soin pour le plaisir des sens !

Pourriez-vous nous présenter le projet du collectif Quartz et en quoi consiste-t-il ?

Mahé : Quartz est un récent atelier de céramique à Bruxelles que nous avons mis en place Charlotte et moi. Quartz propose des cours, la mise à disposition d’un four céramique, des productions ainsi que de l’accompagnement à la production.

Charlotte : Nos « cours », ou plutôt ateliers hebdomadaires, se déroulent le mardi de 19h à 21h30. L’inscription passe par l’achat d’une carte de 6 cours valable trois mois ou d’une carte de 12 cours valable six mois. Ce système permet aux inscrits d’être libres de planifier leurs venues. En ce qui concerne les workshops, un dimanche par mois, parfois un week-end, nous ouvrons les portes de Lavallée afin d’offrir une séance d’initiation au travail de l’argile.

Pourquoi le choix de ce terme Quartz ?

Mahé : La question nous est souvent posée. Au cours de notre enseignement des technologies de la céramique (merci Joëlle Swanet :^), nous avons été absolument séduites par une étape déterminante de la cuisson de l’argile pendant laquelle, autour de 580°C, les molécules changent de composition pour changer d’état. On appelle cette étape « la danse des quartz ». Nous avons choisi d’appeler notre collectif « Quartz » en référence et pour témoigner de cet état.

Comment vous est-il venu l’idée de ce projet ?

Mahé : Quartz est un projet qui mûrit depuis plusieurs années. Déjà en première année de Master nous avions discuté de l’éventualité de nous associer.

Charlotte : En premier lieu, notre envie était essentiellement de partager le matériel spécifique à la céramique ( tour, four, extrudeur, la liste est longue), mais nous avions aussi la volonté de partager nos compétences tant par des cours ou de workshops que par de l’aide à la production.

Mahé : Pour être honnête, à la base nous étions quatre à parler de Quartz ( d’où le rapprochement quatre-quartz). Puis la vie a fait que notre composition a été modifiée. Comme la terre à la cuisson :^) Quoiqu’il en soit, c’est un nouvelle aventure pour nous, qui nous permet d’apprendre à nous organiser, à réfléchir et travailler en binôme, etc…

Pourquoi avez-vous choisi de l’installer au sein de LaVallée ?

Mahé : Tout d’abord, nous avons passé notre Master à Lavallée où nous présentions, toutes deux, d’importantes installations. Nous nous sommes senties bien au sein de ces murs, et le courant est bien passé avec Pierre Pevée (le grand manitou de Lavallée). Cela nous a poussé à nous installer là.

Charlotte : Et donc quatre mois plus tard, nous posions nos affaires sur le sol du Block9 !

Quels rapports entretenez-vous avec cette structure ?

Charlotte : Lavallée fonctionne un peu comme un grand collectif, il y a énormément de disciplines, directement ou indirectement artistiques. Chacun des occupants est investi dans ce projet « creative spot », par exemple pour des travaux de remaniement de l’espace ou de communication graphique, ou encore quand il s’agit de servir au bar… Nous sommes tous libres d’exprimer nos idées ou nos remarques sur certaines décisions ou modifications au sein de cette structure.

Mahé : Oui, il y a un réel esprit de solidarité. Nous avons plein d’idées qui feront de Lavallée « the place to be » du quartier du canal.

Fraîchement sorties d’un Master en céramique à l’ENSAV LA CAMBRE à Bruxelles, comment envisagez-vous le développement de cette discipline dans le contexte actuel ?

Charlotte : Alors, nous avons déjà chacune, notre travail artistique qui se caractérise tant par des sculptures, des installations ou des objets fonctionnels comme de la vaisselle liés à la tradition céramique. Mais nous tenons également à produire les projets d’autres plasticiens ou les aider à élargir leur champ esthétique par la céramique.

Mahé : Oui, et grâce au dévouement de Caroline Andrin (artiste et chef d’atelier céramique à La Cambre) pour la recherche et la diversité en matière de céramique, nous avons appris à être toujours plus curieuses. Aussi nous voulons avec le temps faire découvrir la richesse que nous offre cette discipline.

Ce dimanche 20 novembre 2016, vous organisez un événement « STANDAARD », pourriez-vous nous le présenter ?

Mahé : La SMart organise de temps en temps des Pop-up, à Lavallée ou ailleurs. Elle avait envie pour cette édition de proposer un événement axé sur une pratique spécifique. Comme la céramique est en plein essor, ils nous ont proposé de collaborer et nous avons décidé de tenter l’expérience.

Charlotte : Connaissant la céramique autrement qu’une simple pratique artisanale, nous souhaitons montrer autant de l’utilitaire que de la sculpture et de la performance… il y aura plein de choses à voir, des pièces à acheter, des techniques à découvrir. Nous proposons même un stand sur lequel le visiteur pourra toucher de l’argile et s’amuser à modeler ce que bon lui semblera.

Mahé : Nous avons invité le collectif Seeds, qui organise régulièrement des échanges de boutures. Ces membres sont venus à l’atelier pour modeler avec l’aide de Charlotte, des petits pots « emportes-boutures ».

Charlotte : Oui, donc Standaard est un évènement hybride, entre exposition et marché.

Pourquoi ce titre et qu’ambitionnez-vous avec ce projet ?

Mahé : Standaard nous est venu à l’idée car nous avions envie de montrer autre chose et pas uniquement de la céramique standard (vaisselle). Ce titre évoque l’idée de stand pour rappeler le marché mais aussi pour aller à l’encontre de l’idée que la céramique est standardisée.

Charlotte : Cette première expérience en tant qu’organisatrices d’un projet comme celui-ci, nous permet de donner à voir cette discipline comme elle nous a été donnée à voir, et également promouvoir les différents travaux exposés. Cet évènement est aussi une manière de réfléchir et faire réfléchir sur la question du marché de l’art, du rapport de l’art à l’artisanat…

Mahé : …et de la valeur que peut prendre une pièce en fonction du contexte dans lequel elle est exposée.

facebook.com/quartz.cerabx

Image du haut : ©Mahé Ripoll, La Kermesse, détail du rideau de perles, DE GRA CE, à Lavallée

Propos recueillis par Agnès Roux

 

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail to someonePrint this page

Articles reliés