Hugo Velazquez

Mode - 13 septembre 2016

Quintessence de l’élégance

Hugo Velazquez déclare des aventures. De celles qui se parent des réminiscences du passé pour exprimer le maintenant et le demain. Il convoque l’histoire, trace des sillons ivres de liberté que seul l’horizon, illimité, pourrait cerner.

“OFF BLACK”, sa première collection, déclinée en noir, blanc et bleu marine telle une confidence en clair-obscur, questionne l’intemporel par le relief et la lumière de matières nobles recyclées. Le féminin se conjugue au masculin, le masculin au féminin, et le chic au pratique tout en redonnant ses lettres de noblesse à la haute couture dont l’essence semble parfois s’être évaporée.

Pourriez-vous nous parler de vous ? À quel moment, la mode est-elle devenue une évidence?

Je me considère comme un rêveur iconoclaste, passionné d’histoire et de mythes.
J’ai toujours été attiré par l’esthétisme des choses.
Perfectionniste, je suis à la recherche de la base.
Originaire de Barcelone, j’ai étudié à Bruxelles le stylisme dans une petite école à laquelle j’ai peu assisté. Je me considère autodidacte.
Après mes études, je suis parti à Londres, où je ne suis resté que 3 mois, pour m’installer à Paris et travailler avec plusieurs marques dont Simon Jacquemus.
Un an plus tard, je reviens en Belgique pour lancer au côté de ma sœur la marque Éva Velázquez.
Aujourd’hui, j’entame mon chemin en parallèle avec ma première collection capsule.
La mode n’a jamais été une évidence dans ma vie, le chemin m’y a ramené pas à pas. Aujourd’hui, je développe « Hugo Velazquez » d’un côté et de l’autre je m’occupe du côté technique pour « Éva Velázquez ».

Quelles sont vos influences?

L’histoire, l’hermétisme, la mythologie, le baroque, les années 20 ainsi que l’époque classique ou le street art.

Quelle est la particularité des matières avec lesquelles vous travaillez ?

Je travaille avec des matières recyclées nobles.

Je défends l’idée que le recyclage est important d’un côté pour le respect de l’environnement et de l’autre parce que je considère que la qualité du tissu d’avant et meilleure que celle d’aujourd’hui. Je travaille avec des couleurs homogènes et basiques, sans imprimés. Toutes les parties de mon vêtement sont récupérées ; les boutons et les fournitures aussi.

Pourriez-vous également nous parler de votre ligne « Off Black » ? S’agit-il d’un projet capsule au sein d’une collection plus globale?

Off Black est juste le titre de mon premier chapitre.
Mon idée est de créer une ligne intemporelle pour le soir. Une base à avoir dans son dressing faite de matières nobles recyclées.
Dans cette démarche je ne définis pas la saison, je fais évoluer ma collection en fonction du temps, et j’adapte les matières en conséquences.

Comment définiriez-vous le style Hugo Velazquez ? À quel femme adressez-vous vos collections ?

Aujourd’hui je suis incapable de définir mon style avec un mot.

Je suis au début de route, mais je sais déjà à quoi je ne veux pas être associé dans ce métier. Je considère chaque vêtement comme une pièce unique, une philosophie qui est loin de tout ce que l’industrie de la mode exprime au grand public.

Pour revenir à l’idée, pour moi le style est comme toute évolution, c’est la recherche de la perfection, le temps donnera un nom à la démarche dans laquelle je ne suis pas seul. Le Slow Fashion.

La citation de Coco Chanel : “La mode se démode, le style jamais.” peut-elle s’appliquer, en tant que l’émotivité, à l’esprit de vos collections ?

Comme dans le passé et dans toute l’histoire, le vêtement a défini un style de vie, un métier et une croyance, c’est un héritage.

De nos jours tout est devenu une question de choix et d’envies ou tout simplement d’un désir de cacher une frustration ou une simplement un niveau social.
Grâce à ce que l’industrie de la mode a pu développer pour devenir aujourd’hui une machine sociale, une religion.

Doit-on, selon vous, parler de customisation ou de consécration de l’histoire et des cultures ? Est-ce fondateur de votre démarche ?

L’histoire restera toujours une vérité, une base et une réalité.
La customisation n’est que le manque d’honnêteté et de talent.

Qu’est-ce qu’une couture Anglaise ?

C’est un terme donné à une finition plus recherchée. Ce terme est très utilisé dans la haute couture. Je trouve que la finition d’un vêtement est le détail qui marque la différence.

Avec qui aimeriez-vous collaborer ?

Je suis attiré par la démarche et la recherche esthétique d’Hedi Slimane et dans le passé par la créativité d’Alexander Mcqueen. Je trouve que le monde de la mode aujourd’hui manque d’illusions et d’histoires à raconter.

Quelle est, selon vous la pire faute de goût en matière vestimentaire ?

Toute cette mode du plastique, et d’esthétique de « cirque du soleil »  pour attirer l’œil vers le vide de certaines marques de luxe, sans éthique ni âme.

Ou peut-on voir et/ou acheter vos vêtements ?

Pour le moment mon seul point de vente est dans notre magasin Eva Velazquez  Rue Franz Merjay 56 1050 ixelles. (evavelazquez.be)

Propos recueillis par CocoVonGollum

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