ITASCA

Musique - 7 octobre 2016

Prêt pour la chance

L’acid-folk de Kayla Cohen nous emporte dans les rues embrumées d’une ville inconnue, au rythme lancinant des flûtes aériennes, au crépuscule poussiéreux d’une journée trop courte. C’est la bande originale du Wild West, bercée par sa mythologie et empreinte du désert. Une mélodie à part, et un plaisir d’écoute rare.

Aujourd’hui, Itasca, c’est son nom de scène, se met en groupe pour sortir Open to Chance, son dernier EP, sur le label Paradise of Bachelors. Une réussite. Pour un court entretien, Itasca reçoit TENTEN.  

Pourriez-vous nous parler de votre parcours, de votre lien à la musique ?

Salut ! Oui, bien sûr. Ça fait maintenant longtemps que je joue de la guitare, et, depuis 2012, j’enregistre ma musique sous le nom Itasca. Je joue avec des amis, ici, à Los Angeles, et je voyage à travers les États-Unis pour des concerts. Ah, et mon dernier album est paru le 30 septembre, sur le label Paradise of Bachelors.

Vous vivez à Los Angeles depuis 2011, est-ce que cette ville a pu changer les choses ou avoir une quelconque influence sur votre carrière ou même votre vie par rapport à New York ?

Il est parfois difficile de travailler à LA ou NYC, c’est dans la nature même de ces villes. On dirait que l’environnement y fait presque trop partie de la vie quotidienne. À Los Angeles, le temps est parfois vraiment sympa, mais on ressent toujours une certaine chaleur et cette sécheresse qui transparaît dans la musique que les gens font ici. Par contre, en comparaison avec New York, tout est relativement facile ici, la vie est moins chère et il y a beaucoup plus d’espace. Ça reste une immense ville, qui rattrape New York.

Pourquoi ce nom ITASCA ?

C’est le nom d’un lac dans le Minnesota, dans le nord des États-Unis, à la source de la rivière Mississippi. J’aime bien sa sonorité…

Quelles sont vos influences, vos sources d’inspiration ?

Michael Chapman est une grande source d’inspiration, comme George Brigman, musicien basé à Baltimore. Mes influences, ne serait-ce que dans l’attitude, recouvrent Willie Nelson, Emmylou Harris, Leon Russel et Circuit Rider. J’aime aussi beaucoup la musique folk britannique, et les outsiders américains comme Michael Yonkers et Nicodemus. Buffy Sainte-Marie, aussi, et plein d’autres.

Comment qualifieriez-vous votre musique ?

Alors… Disons que vous vous tenez, seul, au coin d’une rue d’une petite ville dans l’Ouest américain. C’était il y a une vingtaine d’années. Aucun grand magasin. Debout, dehors, le regard perdu. Le crépuscule est paisible, et le soir inconnu…  

C’est à cela que ressemble ma musique.

Pourquoi avoir choisi ce titre “Open to Chance” pour votre deuxième album ?

Ce titre se mariait plutôt bien avec les thèmes abordés dans les paroles de l’album, et rappelait l’illustration de la pochette, qui met en scène un hippodrome. Une interprétation de ce disque pourrait d’ailleurs être de l’imaginer comme un album conceptuel sur les paris hippiques. Ce n’est pas la thématique principale, mais c’est intéressant de l’envisager comme cela.

Considérez-vous l’écriture comme un moment introspectif ?

Oui, bien sûr…

Pour ce deuxième album vous vous êtes entourée d’un groupe. Qu’est-ce que cela a changé dans sa réalisation ? Vous considérez-vous comme une artiste solo ?

C’était formidable de collaborer avec un groupe. J’aime jouer avec d’autres personnes… et je ne me considère pas comme une artiste solo. L’idée d’un groupe, c’est un ensemble d’individus.

Existe-t-il une part autobiographique dans votre musique ?

Oui, bien sûr, je pense que cette part existe dans toute musique.

Y a-t-il des artistes en particulier avec qui vous aimeriez collaborer dans le futur ?

C’est le genre de questions dont on pourrait disserter des heures, assis dans un bon fauteuil. J’ai beaucoup d’idées, mais pas un nom qui serait évident, pour l’instant…

Je n’ai trouvé aucun clip tourné pour ces deux premiers albums, est-ce un choix ou un projet ?

On peut trouver des chansons de ces deux albums sur Soundcloud et Youtube, mais je préfère que les gens expérimentent ma musique sur cassette ou sur un disque. Il n’y a pas beaucoup de copies, et j’aimerais aussi que cela soit le focus du nouvel album.

Les 10 et 11 novembre 2016 vous serez en tournée en Belgique, respectivement à Bruxelles et à Bruges, non ? S’agit-il de votre première tournée en Europe ?

Oui, à Bruxelles le 10 novembre à l’AB, et à Bruges le 11, au Cactus Club. Je fais la première partie de Ryley Walker et de son groupe. Effectivement, c’est ma première tournée en Europe ; j’ai hâte de jouer mes morceaux en live, et de voir la suite !

En parlant de la suite ; quels sont vos projets ?

Pour l’instant je répète beaucoup avec mon groupe, pour se préparer pour les concerts de l’automne. Et je viens de réparer un magnétophone, donc j’enregistre beaucoup. Peut-être que ces enregistrements feront partie du prochain album…

itascalosangeles.com
differ-ant.fr
paradiseofbachelors.com/itasca

Propos recueillis par CocoVonGollum
Texte et traduction : Charles Shinaski

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