Fortune Collective

Musique - 13 janvier 2016

Objet culturel non identifié

Fortune Collective est un collectif Bruxellois composé de musiciens, plasticiens, étudiants en art et en philosophie, tourneurs et managers…
À la manière d’un laboratoire de recherche, ils repensent les différentes formes de création en proposant de nouveaux moyens de diffusion et des collaborations inattendues.
Fertilisés à l’utopie, ils provoquent des libertés et décloisonnent la création artistique de demain.

Fortune Collective c’est quoi ?

Fortune Collective est le nouveau gang bruxellois dont le seul but est de remplir vos yeux d’étoiles en s’en mettant plein les poches.
En d’autres termes, c’est une dizaine de membres actifs de la scène artistique bruxelloise, réunis autour de la question de la distribution et la consommation de la musique. Dans ce collectif, nous cherchons à livrer des œuvres de façon originale et touchante, tantôt réfléchie, tantôt drôle, souvent collaborative.
Nous ne le cacherons pas, nous nous voulons expérimentateurs, nous voulons créer quelque chose de vivant et de singulier : une nouvelle façon de partager la musique d’aujourd’hui.

Pourquoi avoir monté ce collectif ? Qu’est-ce qui a présidé à sa création ?

La scène bruxelloise est connue mondialement et appréciée pour la qualité des projets qu’elle couve. Mais malheureusement, cette scène est aussi trop souvent fermée sur elle-même, vouée à tourner en rond dans un circuit qu’elle connaît beaucoup trop bien. Nous sommes convaincus qu’il faut sortir de ce cercle vicieux, qu’il faut montrer que la scène bruxelloise peut s’exporter et offrir énormément, pour peu qu’on ne la bride pas.

De qui se compose l’équipe ? y a-t-il des rôles définis attribués à chacun ?

L’équipe est composée de musiciens, de plasticiens, de photographes, mais aussi d’acteurs de la scène musicale bruxelloise : tourneurs, managers, techniciens et autres. Parmi eux des membres de Frànçois and the Atlas Mountains, Lomboy, Le Colisée, Tape Tum ou Marc Melià. Le collectif se veut ouvert à tous et sans aucune hiérarchie, et chacun peut y contribuer librement.
Tout le monde peut proposer sa candidature à un stage. On a une bonne machine à café mais on ne sait pas s’en servir…

Quel est l’objectif, la démarche de ce collectif ?

Le collectif étant composé de différents artistes, issus de différents milieux et aux différentes envies, son champ d’action peut être extrêmement vaste. Système d’échange de services, de feedback pour certains, outil de distribution musicale 2.0 ou encore plateforme d’expérimentation pour d’autres. Le collectif ne se fixe pas dans une seule mouvance mais son but reste d’avancer, de déconstruire les fondations sur lesquelles il a été monté pour les reconstruire de façon inédite et pertinente mais non moins surprenante.

Vos photos ont comme un air de photos achetées sur des sites de microstock ? Pourriez-vous nous en dire plus ?

Flûte, on est démasqués… !
Tu sais, ça nous faisait simplement rire. Nous trouvions cela amusant de construire une communication au sein de laquelle l’esthétique entrerait en décalage total avec le message communiqué.
Puisque nous sommes attachés aux collaborations, ces photos nous les avons faites avec le Studio ça-va, un autre collectif bruxellois dont nous apprécions le travail.
Cette série de photos s’inscrit aussi dans l’idée de “Fortune collective”, ces deux mots pouvant être interprétés de différentes façons : La fortune comme capital personnel et financier, la fortune collective comme un bien commun dont on ne peut profiter qu’ensemble. Ça représente plutôt bien notre façon artisanale de travailler.

Pourriez-vous nous parler de vos collaborations ? Pourquoi sont-elles teintées d’improbable ?

Nous voulons risquer des choses qu’aucune entreprise ne se permettrait, nous ne voulons pas nous enfermer dans une direction fixe et voulons explorer chaque potentiel pouvant être exploré. L’improbable est selon nous quelque chose de trop rare et nous le voulons au centre de notre démarche.

Comment se font-elles ? Est-ce par le biais de rencontres ?

Oui, entre autres par le biais de rencontres et de connaissances. Dans un premier temps nous voulons travailler à petite échelle.
Nous ne sommes pas encore tout à fait certains que Fortune Collective deviendra un jour une multinationale, mais en attendant, par chance, dans le milieu musical, nous croisons souvent la route de ceux dont on aime les créations. C’est pourquoi la simple rencontre est une bonne piste pour ouvrir les collaborations.

Comment distribuez-vous la musique ? Il s’agit toujours ici d’improbable non ?

Nous voulons donner un aspect ludique à la distribution musicale. Nous pensons que le support doit être travaillé au même titre que la musique qu’il contient. Pour nous, le lien affectif à l’objet, même pour de la musique dématérialisée, est vital. Il devrait être totalement repensé, il devrait être au centre des réflexions. Nous voulons recréer et cultiver cette idée qu’à chaque œuvre musicale correspond un moyen de distribution qui lui est propre. À chaque œuvre son objet, son avatar !
Un exemple : pour la soirée de lancement du collectif, nous avons offert un album dans un fortune cookie. En le craquant, on y trouve un code de téléchargement pour trouver l’album en ligne. Bon, par contre, l’un d’entre nous est certain d’avoir vu une fille le gober sans l’ouvrir avant…

Quelles sont les contraintes musicales dont vous souhaitez vous détacher ?

Toutes. Nous voulons simplement que chacun puisse créer comme il l’entend, qu’il s’agisse de musique touchante, de musique immédiate, de musique inaccessible, de musique floue… Nous voulons que chacun ait les outils nécessaires pour s’exprimer comme bon lui semble et offrir un support permettant de faire le lien entre sa création et ses potentiels auditeurs.

Vous organisez régulièrement des évènements, comment sont-ils envisagés ? Quel est l’état d’esprit de ces évènements ?

Nos deux derniers évènements se sont plutôt fait dans l’esprit de créations de fortune, nous ne les avons envisagés qu’en dernière minute et n’avons pu travailler dessus que pendant très peu de temps. Nous voulons nous permettre cela, nous voulons pouvoir avoir le choix d’organiser une semaine à l’avance un concert qui nous plaît, au risque d’un échec total. Cela dit, nous avons aussi l’ambition de quelque chose de plus grand et de plus préparé. Nous voulons que chaque événement que nous organisons ait son identité et son but, nous nous voyons tout autant organiser des soirées karaokés pour 15 personnes que des festivals pour des milliers. L’important pour nous est que l’envie, la spontanéité et la sincérité s’y retrouvent toujours.

La création, les artistes doivent-ils être utopistes ? L’utopie est-elle un moteur créatif ?

Nous ne percevons pas l’utopie comme étant un devoir. Parmi nous, tu trouveras probablement plusieurs utopistes, il est vrai, mais personne ne se doit de l’être. Au fond, nous voudrions, en tant qu’artistes, n’être rien d’autre que ce que nous sommes, ce que nous voulons être, utopistes ou non. Être utopiste, ça ne se prend pas à la légère, c’est tout un travail. Il nous semble difficile de concilier une volonté de liberté absolue de création et une exigence extérieure d’utopisme. Bien que nous considérions celui-ci comme un moteur créatif, il en est une série d’autres qui sont à disposition. Nous ferons, en avril, une conférence sur le thème de l’utopie. Viens dire bonjour, hein !

Quels sont vos projets, vos futurs évènements ?

Cette conférence, justement, dans le cadre d’un TEDx Talk. Beaucoup d’autres événements sont également à venir, à propos desquels il nous serait difficile de communiquer. Quelque chose me dit qu’on s’y prendra en dernière minute…

facebook.com/FortuneCollective
fortunecollective.bingo
studiocava.net


Propos recueillis par CocoVongollum

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