4 Pièces

Art - 19 avril 2016

Frontières poreuses

Fureteuses inconditionnelles, Stéphanie d’Orglandes et Julia van Hagen se sont rencontrées, il y a un an, à la Frieze Art Fair. Une rencontre prédestinée puisqu’aujourd’hui elles lancent « 4 PIÈCES », un cycle d’expositions itinérantes dont la première édition aura lieu du 21 au 26 avril 2016 à l’Atelier Relief.
Enivrées et enivrantes, elles conjuguent la création, jouant avec les frontières et célébrant les grands moments du calendrier de l’art contemporain comme pour cette première exposition « Breaking & Construct » à l’occasion de Art Brussels ou bientôt Frieze à Londres en Octobre et Miami Art Basel en Décembre.

Qu’est-ce que «4 PIÈCES» ? Quelle est son histoire ?

« 4 PIÈCES » est une exposition itinérante dont la première édition aura lieu à Bruxelles dans un hôtel particulier.
Ce nouveau dialogue entre l’art contemporain et le design émergent se poursuivra ensuite de ville en ville.
Il s’agit d’une sélection pointue et novatrice où l’on pourra acquérir aussi bien une photographie de Valérie Belin ( Prix Pictet 2015), et des pièces art-design exclusives du nouveau label artistique Do.N.e telle que la Lampe de latex noir d’Aurélie Hoegy et son installation de 700m de câble, ou encore un banc halluciné constitué de trois chaises, de planches et de chutes de cuir, que l’on pourra éclairer par une sculpture lumineuse de Nathalie Nahon.
Notre point de départ était de faire voler en éclats les frontières entre ces différents univers de la création d’aujourd’hui et de tenter de proposer de nouveaux ponts entre territoires artistiques en reprenant le questionnement éminemment contemporain de Marcel Duchamp « Peut-on faire des œuvres qui ne soient pas d’art »

Qui sont les protagonistes derrière ce titre ?

Derrière « 4 PIÈCES » on trouve Stéphanie d’Orglandes et Julia van Hagen.
Stéphanie est moitié française, moitié hollandaise. Julia moitié anglaise, moitié allemande, l’une a vécu à Paris, Londres, New York et crée LeBazArt.com, l’autre a tenu sa première expo d’art contemporain à 21 ans avant de monter  The Space concept-store à Paris et des pop-up à travers l’Europe et les États-Unis.
Journaliste pour plusieurs magazines, director of special events pour une fondation à New-York Stéphanie d’Orglandes est aussi curatrice de projets pour des clients privés(labels de musique, galeries)

Julia van Hagen a un flair inné pour allier l’art et le design sous toutes ses formes.

Amatrice d’objets mutants elle est fascinée par les robes-tables d’Hussein Chalayan ou les robes en papier d’Alexander McQueen mitraillées de peinture par des robots entreprenants..

Pourquoi avoir choisi ce nom «4 PIÈCES» ?

L’idée de « 4 PIÈCES » est partie du fait que l’exposition a lieu dans des lieux atypiques où l’on crée notre propre scénographie. Il s’agit donc à la fois d’un jeu avec l’espace et les œuvres représentées.
Si l’on sait jouer avec les mots ils nous éclairent. Qu’est ce qu’une pièce ? Un lieu habité. Une œuvre d’art. Un morceau de musique. Un vêtement. Un meuble d’artiste. Un objet fétiche… chacun est libre de s’imaginer son « 4 PIÈCES ».

Comment êtes-vous arrivées à travailler ensemble ?

Nous nous sommes rencontrées il y a un an à New-York par une amie commune pendant la Frieze Art Fair. Julia organisait un pop-up  store uptown et je venais récuperer downtown des œuvres d’artistes de ma pop up galerie New yorkaise.
Le positivisme de cette ville étant contagieux j’ai été tout de suite séduite par l’énergie créative de Julia et nous avons commencé à réfléchir à un projet européen.
L’ironie était que nous étions désormais toutes deux parisiennes à ce moment là et habitons maintenant en plus dans le même quartier !

« 4 PIÈCES » est la première édition de votre exposition itinérante, y aura-t-il une régularité ou une récurrence ?

L’idée est de suivre le calendrier des grands rassemblements de l’Art contemporain avec par exemple Frieze Londres en Octobre et Miami Art Basel en Décembre mais nous souhaitons conserver une certaine liberté et réfléchissons aussi à des options « hors circuit ».

Quels liens tissez-vous entre art contemporain et design émergent ?

Notre travail est avant tout un travail de défrichage. Ainsi notre monde se situe à la lisière de l’art. Tout en recherchant les icônes de demain nous avons envie d’offrir au public une expérience en jouant la carte de l’inédit, de l’hybride, de la mobilité.
Notre objectif est de décloisonner les univers artistiques afin de sortir la création de ses carcans, de casser les règles pour en créer de nouvelles… d’où le titre de notre exposition « Breaking & Construct »
Pour cette première édition nous avons demandé à Valérie Marendaz , fondatrice du label artistique Do.N.e, de participer en exclusivité.
Ce tout nouveau label inédit et dédié à la jeune création contemporaine art-design , édite des pièces expérimentales de mobiliers d’artistes / designers émergents, qui seront présentées pour la première fois lors de l’exposition.
Valérie a participé également à la sélection d’autres pièces d’art design pour accompagner notre dialogue avec les œuvres d’art contemporain.

Cela passe-t-il par une scénographie particulière ?

La création de ces « nouveaux univers » passe en effet par la création d’une scénographie particulière. Nous travaillons d’ailleurs avec un scénographe. L’idée est de montrer ces pièces « in situ » de façon différente, désacralisée, totalement décomplexée.
Et ceci permet de créer un dialogue surprenant entre des univers différents comme l’art et le design. Les pièces se répondent et s’interpellent et par là même nous parlent…
Les artistes et les pièces uniques ou en séries très limitées changeront avec le site et la scénographie car ce jeu avec les lieux commande le choix des œuvres et des objets

Comment sélectionnez-vous les artistes/créateurs ?

Nous voulons proposer au public une sélection pointue et novatrice.
Trouver les bons « participants » est un travail permanent pour nous mais aussi notre plaisir car c’est une passion. Nous repérons des talents par le bouche à oreille parfois mais aussi beaucoup dans des foires, galeries, expositions… En fait nous sommes toujours à l’affût !
Il s’agit aussi de suivre des artistes sur le long terme et trouver le bon moment pour montrer leur travail. Et pour chaque exposition la sélection est faite en fonction du thème et des correspondances des pièces entre elles. Rien n’est laissé au hasard !

Cette première édition aura donc lieu du 21 au 26 avril 2016 à l’atelier relief : qui sont les artistes présentés ? Quels sont les différents domaines créatifs investis ?

Sur cette édition nous avons une trentaine de participants pour une cinquantaine de pièces.
Les domaines artistiques d’intervention sont larges puisque l’on trouve à la fois de la peinture, de la sculpture, de la photo, du dessin, du mix media..
Sans vouloir tout dévoiler voici un petit avant goût de ce que vous pourrez trouver :
Les « Still Life »  de Valérie Belin (Prix Pictet 2015), les lustres de Nathalie Pasqua, les portraits pop du new yorkais Derrick Adams, le jeu du visible et du perceptible de Thomas Fougeirol, le texan Mark Flood avec ses peintures dentelles et sa vision acide des fétiches de l’Amérique, les patches fragments de code et illusions tactiles de la Franco-indienne Shanta Rao. Mais aussi un dessin de Bianca Argimon, une œuvre tri-dimensionnelle de Mathew Stone ainsi que Gavin Turk.
Cette palette très riche est complétée par Do.N.e (Do Not Exist Limited Editions) et ses meubles et objets d’art-design, parmi lesquelles des créations exclusives de Pepe Heykoop, Aurélie Hoegy, Analogia Project, Birgit Severin, Tétê Knecht ou Josh Bitelli.
Ainsi que par MiniMasterpiece éditeur de bijoux d’artistes et de designers avec des noms comme Pablo Reinoso, Claude Lévêque et Bernar Venet.

Quel est le thème de l’exposition ?

Notre objectif est de décloisonner les univers artistiques afin de sortir la création de ses carcans, de casser les règles pour en créer de nouvelles..d’où le titre de notre exposition « Breaking & Construct »

Ce lien, que vous faites exister entre les différentes disciplines de la création, vient-il combler une carence à l’heure actuelle ?

Si notre objectif est de décloisonner ces univers en réalité dans le monde de la création ils coexistent déjà.
Parfois par exemple en ce qui concerne le design c’est une question de définition. En anglais « design » signifie conception tandis qu’en France on ramène trop souvent le sens de ce mot à sa seule conception artistique.
Dans notre monde actuel les différents phénomènes de crise ont engendré une perte des repères et fait émerger un ensemble de transformations et de renouveau. Les artistes très sensibles à ces phénomènes ont ainsi commencé à explorer de nouveaux imaginaires aussitôt captés par exemple par l’univers très créatif de la mode… Et ces univers si distanciés auparavant n’ont pas fini de dialoguer, d’opérer des chassés croisés dans ce monde en train de s’inventer…

Avez-vous un site ou un lien pour que l’on puisse suivre vos aventures ?

Vous pourrez suivre nos aventures sur « 4pièces.net »

atelierrelief.com

Propos recueillis par CocoVonGollum

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