Gaspard Yurkievich

Mode - 30 juin 2016

Expérimentation et singularité

Gaspard Yurkievich est un créateur parisien fondateur d’une marque éponyme. Après avoir étudié au Studio Berçot, il remporte le festival d’Hyères en 1997 et se lance dans la foulée accompagné de Guido Voss, son partenaire.
Anticonformiste, il affirme son identité dès sa première collection en conjuguant les codes classiques du luxe à une perception très personnelle de la mode.
En 2016, il a lancé une collection capsule : ONEPIECE. Pensée comme la garde-robe idéale de la citadine, elle se compose exclusivement de robes mais viendra, dans un deuxième temps s’enrichir d’accessoires et de nouveaux concepts autour du vêtement.
ONEPIECE est distribuée chez Maria Luisa ainsi qu’au Printemps Hausmann depuis février 2016.
Entretien.

Pourriez-vous nous parler un peu de vous, de votre parcours ? Quand avez-vous su que vous vouliez être styliste ?

Né à Paris et initié par ma grande soeur au vintage, son look punk et sa collection de chaussures puis aux films hollywoodiens par mon père, j’ai longtemps rêver petit de danse et de glamour puis, très jeune, à 15 ans, je me suis présenté au Studio Berçot, ils m’ont demandé de revenir après le bac… et j’ai suivi les cours du Studio. En 1997 j’ai gagné le Festival d’Hyères puis fait mon premier défilé avec Guido Voss mon partenaire dans la vie et dans le travail.

Qu’est-ce que ONEPIECE ?

C’est une proposition d’une garde robe idéale, composée exclusivement de robes, trente modèles par collection dans l’esprit Maison : parisien, créatif et moderne.

Que représente la robe selon vous ? A-t-elle une symbolique ou un attachement particulier ?

Oui c’est la pièce qui concentre le plus de créativité dans les collections.  Souvent les autres pièces demandent un contexte, un styling ; chaque robe ou combi-pantalon de ONEPIECE se suffit à elle-même. C’est aussi la pièce qui n’existe que dans le vestiaire féminin.

Le concept ONEPIECE a-t-il définitivement suppléé votre marque éponyme ?

ONEPIECE est un concept sous le label GASPARD YURKIEVICH, c’est une capsule et c’est la nouvelle direction que nous nous sommes donné pour travailler nos collections. Ainsi d’autres concept autour du vêtement et de l’accessoire viendront compléter la gamme GASPARD YURKIEVICH. C’est une approche plus proche de la manière de consommer aujourd’hui. Nous n’avons pas envie de designer un jean, un pull col V parce que ce sont les indispensables de notre vestiaire contemporain. On ne peut pas tout couvrir dans une recherche de qualité, de compétitivité et de créativité.

Comment débute la création d’une collection ?

De notre expérience dans l’industrie de la mode, nous avons déterminé un plan de collection de 30 modèles couvrant les différentes attentes et fonctions de la robe dans notre société. De ce plan de collection qui constitue une « guide line », nous avons tout l’espace d’être créatif et proposer un univers personnel.

Comment présentez-vous vos collections ?

Aujourd’hui, à travers un lookbook shooté avec Sonia Sieff dans notre loft du 14ème arrondissement. Nous présentons la collections 4 fois par an à Paris et voyageons pour rencontrer les gens avec qui nous aimerions travailler à travers le monde. C’est un produit niche pour une distribution niche. Nous envisageons, dans le futur, de refaire des présentations mais dans une format confidentiel et qualitatif ainsi que d’ouvrir des boutiques.

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Nous aimons la construction du vêtement, les tissus , l’héritage couture, Paris. L’art, la photographie et le cinéma influencent notre démarche créative : dans le désordre ; Nan Goldin, Cindy Sherman, Rainer Werner Fassbinder, Mapplethorpe , Vionnet …

Qui est la femme Gaspard Yurkievich ?

Une citadine cultivée qui reconnaît les beaux tissus, les belles coupes et aime souligner sa féminité.

Qu’est-ce qui caractérise la modernité ?

Dans ONEPIECE c’est l’intention de contextualiser l’héritage couture ou des influences contraires avec notre mode de vie et de consommation actuels.

Avec qui aimeriez-vous collaborer ?

Avec des artistes, des photographes, des architectes, des designers. Des gens complémentaires à mon domaine.

Comment voyez-vous évoluer la mode ?

Il y a une profonde crise dans le luxe liée à la baisse de la croissance de la Chine pour les géants ; je pense que chaque crise donne l’espace aux produits niches, nouveaux et à une mode portable et créative. Les gens cherchent le désir dans l’achat mais aussi de la consistance.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune styliste ?

Se cultiver, sortir du champ d’Internet uniquement. Faire des choses personnelles et sincères tout en restant lié aux acteurs de la mode tel les chasseurs de têtes, les concours et différents prix.

Quelle est, selon vous la pire faute de goût en matière vestimentaire ?

Des logos de maison de luxe différents sur une même personne…

Quels sont vos projets ?

Nous nous concentrons sur ONEPIECE et son développement, aujourd’hui la distribution est très exclusive.

gaspardyurkievich.com


Propos recueillis par Sunda Limbu et CocoVonGollum
Texte : CocoVonGollum

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