Benjamin Laugier et Mathilde Roman

Culture - 6 décembre 2016

DANSE, DANSE, DANSE

Ou comment les arts plastiques s’emparent du langage chorégraphique par de savantes pirouettes, Benjamin Laugier et Mathilde Roman (les commissaires) nous offrent une exposition en extensions multiples : performances, workshop, installations, vidéos… À découvrir jusqu’au 08 janvier 2017 à la Villa Paloma du Nouveau Musée National de Monaco.
Entretien

Comment avez-vous initié ce projet d’exposition ?

Le projet prend sa source dans la résurgence de la danse dans les lieux d’exposition ces dix dernières années, mais aussi dans un territoire, Monaco, où la danse est solidement ancrée. La collaboration nous a ainsi semblé la forme la plus intéressante pour mener une recherche où l’exposition est le point de départ d’une réflexion, d’une expérimentation d’un modèle de musée élargi qui retrouve les utopies des avant-gardes.

Comment vos domaines particuliers se sont-ils croisés ?

Assez naturellement. L’une enseigne au Pavillon Bosio, École d’art et de Scénographie de la Ville de Monaco et l’autre est en charge du programme public du Musée et, au-delà d’associer le plus possible les étudiants aux programmes du musée, nos centres d’intérêt sont assez proches. Mathilde travaille sur les rapprochements de l’espace scénique et d’exposition, et des croisements entre performance et installation vidéo, et de mon côté je m’intéresse aux différents formats d’exposition, à l’implication du vivant et ainsi aux pratiques artistiques qui côtoient les frontières d’autres domaines tels que le cinéma, la littérature, le théâtre, la musique et bien évidemment la danse.   

Quels ont été vos rôles respectifs ?

Nous avons construit ce projet à deux, Mathilde était déjà en contact avec plusieurs artistes de l’exposition, j’en ai apporté d’autres ; Mathilde coordonne régulièrement le colloque du Pavillon Bosio et je tente toujours de nouer de nouvelles collaborations  avec des structures plus ou moins proches de musée. Le projet s’est essentiellement construit comme ça.

Qu’est-ce que le langage chorégraphique apporte au langage plasticien et à l’exposition ?

Les artistes de l’exposition ont tous une relation très proche avec le chorégraphique, mais plutôt à ses pratiques contemporaines qui interrogent le geste, la répétition, le corps interne, et les mouvements quotidiens de la vie réelle. Toutes ces questions se retrouvent dans les œuvres, qu’elles soient amenées par la collaboration ou intégrées par l’artiste dans une proximité souvent ancienne avec le chorégraphique.

Comment se fait le lien avec le territoire monégasque et son histoire culturelle très liée à l’art chorégraphique ?

Le projet s’est construit sur la base d’un constat théorique mais évidemment il s’inscrit fortement dans un territoire très lié à une certaine histoire de la danse et plus particulièrement de la synthèse des arts. Les Ballets Russes sont donc un socle merveilleux et c’est d’autant plus pertinent et d’actualité avec l’exposition à la Villa Sauber autour de Leon Bakst et le travail de Nick Mauss qui incarne aussi cette hybridation des pratiques artistiques.

Comment avez-vous abordé la question de la programmation d’événements à partir de cette exposition ?

Un peu comme dans un festival, le projet est ponctué de performances à la villa Paloma mais aussi à la villa Sauber et à l’atelier des Ballets de Monte-Carlo. Chaque mois une performance vient augmenter le propos de la danse exposée, du transgenrisme des pratiques ou encore de la notion de répétition. Il y aussi le workshop qui parcourt le temps de du projet avec plusieurs occurrences et évolutions du travail in situ des étudiants du pavillon Bosco et du master exerce de l’ICI- Centre Chorégraphique National de Montpellier.

Comment s’articule le projet ? 

Le projet s’articule en trois temps. Une exposition habitée par la danse, ses images, ses corps, ses différents rythmes, de la répétition à la présentation publique. Puis un workshop engage une recherche sur le vivant dans l’espace du musée associant œuvres, danseurs et artistes-scénographes. Enfin un colloque ouvre les débats sur les expositions habitées et les plateaux ouverts aux multiples territoires de l’art.

Quelles sont les entités qui collaborent à ce projet ? 

Ce projet a été conçu en collaboration avec  le Pavillon Bosio, Art&Scénographie, École Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco qui organise tous les ans un colloque dans le cadre du Monaco Dance Forum et Les Ballets de Monte-Carlo  pour le programme de performances. Mais c’est aussi l’occasion d’initier de nombreuses autres collaborations notamment avec le master exerce du CCN ICI de Montpellier ou d’en consolider d’autres avec les Archives Audiovisuelles de Monaco notamment.

Danse, Danse, Danse, avec Alexandra Bachzetsis & Julia Born, Nina Beier, Emily Mast, Aernout Mik & Boris Charmatz, Christodoulos Panayiotou, Emilie Pitoiset et Julien Prévieux

Installations permanentes dans les jardins et à l’extérieur de la Villa//Richard Artschwager, Blp, 2013//Michel Blazy, Sans Titre, 2014///Jean Dubuffet, Cloche-poche, 1973-1988///Jean-Pascal Flavien, folding house (to be continued), 2016///Cerith Wyn Evans, It is a world in which something is missing, 2012

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Image du haut : Emilie Pitoiset • La répétition

Propos recueillis par Agnès Roux

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