SLip

Art - 6 juillet 2016

Are you SLip ?

Artiste Lyonnais, SLip a découvert l’art avec la musique.

De cette nécessité est né l’univers de SLip : décalé et surréaliste, un monde où l’on peut imaginer tous les possibles voire les impossibles.

Véritable ode à la poésie, ces collages peuplés de héros sans tête et autres créatures de bestiaires fantastiques, questionnent l’identité qu’ils supplantent.

Pertinantes et ancrées dans l’actualité, ces associations, telles des portes ouvertes sur l’intime, réinvente le moi en effaçant l’apparence extérieure et les limites qui lui incombent.

Entretien

Pourriez-vous nous parler de vous et de votre parcours en quelques lignes ?

Informaticien de formation, je me suis mis à Photoshop dans un premier temps pour répondre à des besoins de créa pour un groupe de musique de potes, étant le plus à même de dialoguer avec l’ordinateur, à l’époque. Et puis, petit à petit, je me suis pris au jeu et au fur et à mesure, j’ai proposé nettement plus de créas que nécessaire et je me suis dis qu’il aurait été dommage de garder tout ça sur mon disque dur sans le montrer.

Ça a été le point de départ de mon travail. Ensuite, j’ai cherché à développer mon identité propre, en m’appuyant sur mes limites techniques notamment, pour me forger un style.

Pourquoi avoir choisi ce pseudonyme SLip ?

Comme beaucoup de pseudo, il n’a pas été choisi. C’est le diminutif de mon prénom, passé à la moulinette par tous mes plus vieux potes pour devenir Slip.

Quelles sont vos influences ?

Ayant découvert l’art et les artistes sur le tard, j’ai un peu mélangé pas mal d’influences .J’ai commencé par des artistes proche de la musique et notamment Peter Saville. Je suis parti de lui et ensuite j’ai fouiller dans ses influences pour me constituer mon propre background. Malgré des esthétiques très différentes, ça reste une de mes influences majeures.
Par ailleurs, j’ai beaucoup creusé dans les artistes russes des années 30 et tout leur travail de montage photo mais aussi dans le futurisme italien. Les esthétiques totalitaires, expurgées de leur idéaux, me parlent beaucoup.
Plus proche de ma formation,

Comment définiriez-vous votre pratique ? Peut-on vous qualifier d’artiste du numérique ?

On peut. De toutes façons, numérique, je le suis par défaut, travaillant uniquement sur ordinateur. Dès que j’ai besoin ou envie de passer sur un support réel, je suis obligé de m’entourer pour réaliser mes créations. Ce n’est pas une partie qui me passionne mais il est difficile d’exister dans le réel en restant purement numérique. Même pour mes créations algorithmiques, je suis contraint de réfléchir à une mise en scène pour présenter mes travaux.

Vous avez collaboré avec les marques Kulte, Comptoir de Cotonniers… Comment se passent ces collaborations ? Avez-vous des contraintes ou une totale carte blanche ?

Les collab’ se déroulent toujours sans accroc. En général, les contraintes sont légères soit au départ (un thème, un format, etc …) soit en cours de réalisation (des tons à modifier, des détails à revoir, etc …) mais en général, si on me choisit pour travailler sur un projet, c’est plutôt pour que je fasse quelque chose qui me ressemble.

Après, ça ne me dérange pas qu’on me dise que mon travail ne convient pas … Mais il vaut mieux le faire avant de m’avoir demandé de commencer…

L’humour est-il utilisé chez vous pour désamorcer/saboter une angoisse ?

Sûrement.. Mais c’est aussi un mode de fonctionnement adopté de longue date avec mes proches amis. On rit de tout, même de ce qui n’est pas drôle.

Ça permet en effet de prendre du recul sur certaines situations. Mais c’est pas toujours très bien compris et vécu par tout le monde.

Quelle signification donnez-vous à l’effacement, la disparition dans votre pratique ?

Au départ, c’est sans aucune prétention artistique que j’ai commencé à couper des têtes. C’était la possibilité simple pour moi de réutiliser des photos chopées sur le net. Puis, petit à petit, j’ai complété ça par une réutilisation des images dans un autre contexte, l’ajout de têtes animales.

L’effacement me permet surtout de signifier autre chose. Pour les footballeurs sans tête, l’idée de départ de mon camarade Herbot, était surtout de montrer que le foot se joue essentiellement avec les pieds et que la tête finalement ne servait pas à grand-chose. Pour la série Disappear, les traits s’effacent pour laisser apparaître les pensées qui se cachent derrière le corps.

Vous effacez souvent dans les visages ou traits caractéristiques d’une personne. Quel est votre rapport à l’identité ? Est-ce une façon de l’interroger ? Est-elle censurée aujourd’hui ?

Ces effacements permettent en effet de se questionner l’identité. Dans une société du paraître, on existe par ce qu’on dégage. Or il me semble plus intéressant de se préoccuper des idées qu’ont les gens plutôt que s’attacher à leur apparence.

Cette question d’identité fait partie de l’essentiel de mes travaux y compris dans les travaux sur le sport et les maillots ou les paninis par pays (Collection Stéréotypes)

Créez-vous un parallèle entre intériorité et effacement de l’apparence extérieure ?

Oui c’est une partie du message que j’essaye de faire passer comme je l’ai expliqué précédemment

Y a-t-il un lien dans votre démarche entre l’effacement, l’identité et l’histoire ? Peut-on, quelque part, y voir une métaphore du temps ?

Euh … non je n’étais pas allé jusque-là…

Ne voit-on bien que derrière le prisme de l’imaginaire ?

Non je ne pense pas. L’imaginaire permet de réfléchir autrement, d’appréhender les situations avec un autre regard mais je ne pense pas qu’il y ait de classement possible.

On voit bien dans le réel comme on voit bien dans l’imaginaire

Quel sont vos projets ?

Pour le moment, on développe OH BOY!, un projet musical avec mon comparse de toujours BEnn. On a déjà sorti un EP et quelques clips dont Radio et Space invaders et on va sortir un album à la rentrée.

De mon coté, je travaille sur des séries de création autour du sport et toujours d’autres montages mais je n’ai pas encore de pistes précises pour l’avenir proche.

iamslip.com

iamslip.tumblr.com

Propos recueillis par CocoVonGollum

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