ADAM

Design - 18 février 2016

Art & Design Atomium Museum

Le nouveau musée d’Art et du Design de l’Atomium a ouvert ses portes en décembre 2015. Situé sur le plateau du Heysel, à côté de l’hyper molécule, le ADAM est installé dans une partie d’un ancien complexe commercial datant des années 1970.
Articulé autour d’une double dynamique, le musée a pour vocation, d’une part,  de donner à l’Atomium les moyens de réaliser des expositions de grande ampleur que ses surfaces limitées ne lui permettaient pas et, d’autre part, la volonté, l’envie et le désir de partager avec le plus grand nombre la collection exceptionnelle acquise à Philippe Decelle, le Plasticarium, regroupant près de 2.000 objets en plastique, allant du plus usuel à l’œuvre d’art.
Le projet architectural a, quant à lui, été confié au bureau d’architecte Lhoas & Lhoas qui, prenant le parti de penser le lieu comme un «lieu trouvé», a conservé et réutilisé un maximum des éléments existants. De la même manière, afin de conserver la dimension ludique présente dans le Plasticarium, l’escalier, conçu par Jean Nouvel, accueille le visiteur par un ouvrage surprenant et poétique.
Entretien avec Arnaud Bozzini, directeur des Expositions.

Qu’est-ce qui se cache derrière l’acronyme ADAM ?

Les acronymes pour ce type de musée sont devenus la règle. Il s’agit du ADAM pour Art & Design Atomium Museum, en 4 mots tout est dit quant à l’intention et aux acteurs du projet.

Qu’est-ce qui a présidé à la volonté de créer l’ADAM ?

Bien des aspects sont ici à prendre en compte. D’abord la volonté de l’Atomium d’être le moteur d’un outil culturel nouveau sur le plateau du Heysel, dans ce nord de la capitale belge qui est moins bien servi en musée. Ensuite la volonté de rendre accessible au plus grand nombre une collection unique et singulière, le Plasticarium bien que le projet muséal ne se limite pas à cette collection. Il faut également ajouter la volonté de garder cette collection à Bruxelles et dans son ensemble (éviter sa dispersion en salle des ventes) et de sauvegarder ce patrimoine en lui offrant l’écrin qu’il mérite notamment en termes de conservation.

Est-ce la continuité du leitmotiv de l’expo58 “Modernité & Progrès“ ?

Pas uniquement mais il est certain que la première période des plastiques (et de son impact en terme de création artistique pour ce qui nous concerne), la période des Golden sixties fait écho avec celle de l’Expo 58.

Concernant le bâtiment, s’agit-il d’une restauration, d’une création ? Qui sont les architectes qui se cachent derrière ce projet ?

Le ADAM est abrité au sein d’un vaste complexe commercial datant des années 1970. Le musée y occupe 5.000m² qui ont été aménagés par le bureau d’architectes bruxellois Lhoas & Lhoas à qui a également été confiée la scénographie de l’exposition permanente. Dans notre souhait de s’ouvrir sur le plateau du Heysel, les architectes se sont aussi vu chargés de l’aménagement des jardins (et de la signalétique extérieure). L’escalier d’accès est quant à lui, le fruit de la réflexion de l’architecte français, Jean Nouvel.

Comment le bâtiment a-t-il été pensé, organisé? Comment s’est fait le choix des matériaux ?

Concernant la scénographie le souhait aura été de décliner des socles dans des matériaux de chantier afin de créer avec l’objet en plastique une telle distance qu’elle rendait à la pièce de design ou à l’œuvre d’art toute sa singularité et sa matérialité.

Que propose l’ADAM ?

Le ADAM est un musée sur la création artistique du 20ème siècle et aujourd’hui qui a pour exposition permanente la collection du Plasticarium. À ces 1.500m² s’ajoutent deux espaces d’expositions temporaires où se déclinera une programmation dédiée à l’art, au design et à la photographie. La première exposition temporaire ouvre en mars avec Eames & Hollywood qui porte un regard sur le travail photographique du designer Charles Eames sur les tournages du réalisateur Billy Wilder. La commissaire Alexandra Midal donne à voir une véritable plongée dans le mid century californien !

Le ADAM, c’est également un espace pédagogique, le Lab à destination des enfants, des familles et des groupes scolaires pour découvrir de manière ludique et pédagogique notre programmation. Notre service pédagogique et de médiation culturelle se développe dans le cadre d’une collaboration étroite avec les équipe de la Fondation pour l’Architecture et Arkadia. Ateliers, visites adaptées, conférences guidées, projections offrent un complément à ce qui est exposé. Il faut également noter que le ADAM accueille un auditorium de 400 places.

Qu’est ce que Le Plasticarium ?

Le Plasticarium, c’est le nom donné à cette collection de 2.000 pièces en plastique par celui qu’il l’a constituée, Philippe Decelle. C’était aussi, avant son achat par l’Atomium et son déménagement au ADAM, le nom du lieu dans le centre ville de Bruxelles qui accueillait ces pièces. Il s’agit d’un « cabinet de curiosités » d’objets en plastique allant du plus usuel à l’œuvre d’art (Arman, Vasarelli, Axell) en passant par la pièce de design, que Philippe a regroupé dès 1987.

Quelle sera la récurrence des expositions temporaires ?

Nous prévoyons dans un premier temps deux rétrospectives par an dans la grande salle d’exposition (celle de 900m²) auxquelles il faut ajouter des focus dans l’espace que nous nommons Gallery 2 (l’espace d’expo de 150 m² qui se trouve en façade). Ce lieu est accessible gratuitement et débutera sa programmation avec Artview#4 en avril prochain consacré à la découverte d’une collection privée et de la démarche qui la sous-tend.

Envisagez-vous des collaborations ou des partenariats avec d’autres musées ou des fondations ?

Au ADAM les collaborations seront nombreuses et quasi intrinsèques à la ligne éditoriale du musée. Notre biennale en design contemporain, Intersections qui en est à sa quatrième édition et qui quitte l’Atomium pour le musée se fait en collaboration avec le Centre d’innovation et de design au Grand Hornu dont la directrice, Marie Pok sera la commissaire. Pour 2018, nous discutons d’un projet avec le Design Museum de Moscou et nous accueillerons au second trimestre une exposition consacrée au Bauhaus et réalisée par le Vitra Design Museum. Quant à notre rétrospective dédiée à une histoire du design en Belgique, elle multipliera les partenariats avec des institutions publiques et des collectionneurs privés.

Quelles sont les ambitions concernant l’évolution de ce musée à long terme ?

Par l’originalité et la richesse de sa programmation, installer le ADAM comme une référence en termes de musée d’art et de design est l’ambition première du projet. Il s’agira de conforter cet objectif en assurant la visibilité et la promotion du musée qui, on l’espère, rencontrera l’adhésion du public bruxellois, belge et international.

adamuseum.be

Propos recueillis par CocoVonGollum

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